De Ch’ti à Sudiste : déménager à 1100 km de chez soi

Il y’a des moments où suivre son coeur apparaît comme une évidence. Même si ce chemin semble fou, insensé et vous éloigne de votre famille. Vous l’avez déjà vécu ?

Moi oui, j’avais 21 ans, je revenais de 6 mois aux Etats-Unis et tout ce à quoi j’aspirais était de repartir de Lille.

Lille, ma ville.

Si vous souhaitez savoir ce que je ressentais à mon retour d’expatriation, j’ai écrit cet article qui en dit long.

On était en mars 2017, il était trop tard pour reprendre mes études et aucun emploi à Lille ne me convenait. J’ai alors reçu une offre de Pôle-Emploi à laquelle j’ai postulé sans vraiment y croire. C’était un peu trop beau, un peu trop irréel. Mais je me suis dit « pourquoi pas ? ». Je végétais à Lille, mon quotidien était vide de sens et de but. J’avais besoin de plus, de me sentir utile et de ne plus être « chômeuse » (je l’ai été 1 mois et demi mais c’était déjà trop). Quelques jours plus tard, on m’a appelé pour un entretien skype en anglais. Je n’avais pas perdu mon accent et je reçus rapidement une réponse positive.

Les Tournels, mon lieu de travail.

Les Tournels m’attendaient à Ramatuelle pour un poste de réceptionniste pendant six mois. Je n’en revenais pas. Comment annoncer ça ? « Coucou je suis revenue et je repars » J’ai hésité. Un peu. Pesé le pour et le contre. Et encore une fois, j’ai suivi mon coeur. Il me disait de foncer, qu’il fallait que je sorte de ma zone de confort et que je découvre ce qu’il y’avait pour moi à l’autre bout de la France.

Je suis donc partie avec deux valises dans un train qui a traversé la France en une matinée. A mon arrivée, il pleuvait des cordes. Ça ne me changeait pas vraiment de mon Nord.

Je me suis présentée à la réception, pleine d’espoirs (et un peu fatiguée aussi). On m’a alors installé dans un chalet au fond du camping. Il faisait froid, je n’avais rien à manger et pas de wifi et là, une question m’est apparue très clairement :

« Pourquoi suis-je partie ? »

Et avec du recul, je me réponds « pour ça » en fermant les yeux et me remémorant tous les moments qui ont suivi cette question.

Dès le lendemain, je suis allée découvrir la fameuse plage de Pampelonne. Seuls 2 restaurants étaient ouverts et il y avait toujours les algues de Posidonie au bord de l’eau, signe que la saison n’avait pas encore commencé. J’ai arpenté la plage de sable et je me suis sentis bien, sans réaliser encore qu’ici j’y vivrais mes meilleurs soirées.

Pampelonne, hors saison.

Mon travail à la réception des Tournels a commencé, j’ai rencontré mes premiers collègues qui s’avéraient être mes voisins. Je me suis faite à ce quotidien : vivre sur son lieu de travail, dans un décor de rêve au milieu des vignes. J’étais de nouveau à distance de ma famille, obligée de repasser par FaceTime pour se raconter ses journées…

En avril 2017, j’ai fêté mes 22 ans. J’avais acheté un gâteau et organiser un petit quelque chose. Il y avait un mois encore, je ne les connaissais pas et voilà que maintenant, je les croisais en allant faire ma lessive, quand je revenais de mon run ou simplement en habit de travail (un polo blanc et généralement une jupe)

Puis, la pleine saison a commencé, avec elle son lot de touristes. Les Beach club sur Pampelonne ont tous ouvert, les campings se sont remplis, ma meilleure amie est arrivée faire une saison au Kon Tiki… Bref, c’était top.

L’Escalet, ma plage préférée.
Le Port de Saint-Tropez.

J’enchaînais les sorties nocturnes et les après-midis plages dans le paradis qu’est L’Escalet. J’ai aussi repris le running sérieusement. A vrai dire, j’en avais besoin car tout ce que je vivais était décuplé. On rencontre des personnes, à qui on s’attache trop vite et qu’on se détache tout aussi vite. En Floride, je vivais dans la bulle Disney et à Ramatuelle, je vivais dans la bulle « Tournels ». Comme un détachement de la réalité, je trouvais ça normal de payer un jus d’orange 8 euros, un maillot de bain 98 euros (true story), un Uber 20 euros… Ma vision était erronée. Je vivais juste l’instant présent.

Mais j’étais heureuse, j’emmagasinais tellement. J’étais indépendante, libre et je vivais l’un des meilleurs étés de ma vie…

Au niveau de mon poste de réceptionniste, les gestes et paroles étaient mécaniques. J’ai apprécié mais pas toute une vie ! C’est là que j’ai réalisé qu’il fallait que je reprenne mes études pour obtenir un travail que j’aimerais vraiment, sans compter mes heures et qui pourraient laisser cours à ma créativité. 

J’ai alors cherché dans les environs un master qui me correspondrait. J’avais alors un BTS tourisme et un Bachelor en communication en poche. J’avais également postulé à l’IAE de Lille mais les démarches étaient beaucoup trop compliquées par rapport à Ingémédia, cette université que j’avais trouvé sur Toulon et qui m’avait accepté.

Les clés de mon chalet aux Tournels.

Septembre 2017 est vite arrivé. J’ai du refaire mes deux valises (et mes autres sacs qui étaient dorénavant remplis) et m’en aller comme je suis venue. A présent, j’avais tous ces souvenirs estivaux dans ma tête. J’était enorgueilli par toutes ces rencontres, ces moments qui rien qu’en y repensant, me donner le sourire. Or, mes larmes ne se sont quand même pas arrêté. J’étais nostalgique. La saison 2017 étaient finis et je retournais sur les bancs de l’école.

Le Mont Faron et la vue sur la Rade de Toulon.

Le lendemain était ma rentrée. Je ne connaissais personne, je suis arrivée un peu comme un cheveu sur la soupe parmi tous les groupes d’amis. Heureusement, j’ai trouvé une fille un peu comme moi. Et j’ai passé toute l’année universitaire avec elle. J’ai rencontré des personnes de tous horizons, avec toute sorte de compétences et d’ambitions. Je me suis super bien entendue avec mon groupe de « Réalisation collective ». Combien de fois on a marché dans les ruelles toulonnaises la nuit ? Combien de fous rires j’ai eu ? Combien de moments ai-je pu capturé qui se sont déjà enfui ?

La Grand’ Place de Lille.

Etant redevenue étudiante, je remontais dans le Nord pour les vacances scolaires. C’était toujours trop court, un déchirement lors des au revoirs. Et là, la fameuse question est revenue :

«  Dans quoi me suis-je embarquée ? Reprendre mes études, mais je suis folle ? »

Sauf que les cours me plaisaient. J’étais en résidence étudiante mais à vrai dire, je n’étais pas souvent chez moi. Ma vie sociale était plus que jamais remplie. 

Mars 2018, j’ai commencé un stage. Et ça fait maintenant plus d’un an que j’y suis. J’ai tellement appris et grandi depuis. Je mentirai si je disais que c’était parfait tous les jours car, comme on me le dit souvent, je suis trop dans mon monde de licorne. Or, l’entreprise, c’est le réel. Il y’a des personnes bienveillantes, d’autres pas vraiment. J’ai eu la chance d’être encadrée par des collègues en or et trouver mon double qui est aussi en alternance cette année. Il me reste encore 3 mois à ce jour (mai 2019) et je compte bien donner le meilleur de moi-même.

Puis, en juin 2018, je suis retournée aux Tournels. En tant que cliente. J’ai pu profiter de la piscine, du spa, retourner à l’Escalet, aller au Nikki… 

L’Escalet.

L’été 2018 était assez spécial, j’étais toujours en stage, j’ai rejoint mes parents en vacances à la Seyne sur mer puis je suis remontée 3 semaines dans le Nord.

Septembre 2018, j’ai enchaîné ma deuxième année de master en alternance. J’avais aussi déménagé pour un appart plus grand dans lequel je me sentais mieux.

Au cours de cette année de master 2, je me suis sentie davantage professionnelle qu’étudiante. Je sortais moins pour profiter plus de mes weekends. J’ai souscrit à l’abonnement TGVmax pour pouvoir remonter plus souvent dans le Nord auprès de ma famille et j’ai eu l’opportunité de faire quelques petits weekends (Bordeaux, Lyon, Londres…).

J’ai aussi découvert le monde de l’entrepreunariat, exaltant et passionnant. J’ai participé à ma première Startup Week-end et me rends souvent à des afterworks. Parce que c’est ça, le but, rencontrer des personnes à la personnalité enrichissante, partager des moments forts…

Mon blog et mon Insta se sont également développés, j’ai été invitée à des événements, reçu quelques produits… Et ça me plait de réunir toutes mes passions pour créer du contenu…

Evénement à Carqueiranne avec Amélie du blog LesBonsPlansdeLilie

Nous voici en juin 2019. Il me reste du chemin pour être épanouie professionnellement (et personnellement). Mais je sens que j’ai accompli ce que je devais accomplir ici. 

Photo @vegivisr

Toulon, tu m’as tellement donné et quand je pense au jour où je te quitterai, les larmes me montent. Je ne serai pas cette Cassandra là, si j’étais restée dans ma zone de confort il y a plus de deux ans. Je ne serai pas cette nana indépendante, créative et enjouée de la vie, si je n’avais pas traversé la France sur un coup de tête. J’ai pris des décisions, que j’ai parfois regretté, mais qui font de moi celle que je suis et pour cela, je suis si reconnaissante.

Alors oui, voilà je le dis, je l’écris, c’est pire. 

Je retourne dans le Nord. 

En septembre.

Peut-être pour un temps, peut-être définitivement… Qui sait ? Mais pour le moment…

Été 2019, je suis prête !

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