Le retour d’une expat

Gare Lille Europe. Mercredi 1er Mars. 9h40. Je n’ai pas dormi depuis 24 heures, je veux dire, vraiment, dans un lit, dans le noir, et pas à 10 000 mètres d’altitude. Je n’en reviens pas d’avoir parcouru le chemin inverse. I come back home. Je cherche frénétiquement sur le quai ma maman et ma petite soeur -mon retour étant une suprise pour mon papa. Les retrouvailles sont à la hauteur de mes espérances. Le ciel gris et la pluie m’accueillent également. Mais je suis heureuse. De retrouver ma famille, puis mes amis et enfin la gastronomie.

Et puis, on vous demande « Alors c’était bien ? » « Qu’est ce que tu as fait là bas ? ». Les mots ne sortent pas. Comment résumer une aventure comme celle là ? Comment décrire le sentiment qui vous habite quand vous marcher sur le pont de Brooklyn, quand vous faites du jet ski devant l’hôtel Atlantis ou quand vous dansez sur le pont d’un bateau avec comme toit les étoiles ? « C’était cool. » Je réponds souvent. Peut-être car on est égoïste, que notre mémoire ne veut pas se rappeler par peur de souffrir ou que juste raconter 5 mois de quotidien chez Disney prendrait des heures à relater…

Le quotidien balaye les habitudes récemment prises. Plus de frangipane choco au petit-déjeuner, plus de piscine au fond du jardin, plus de roomates. Le vide, un peu.

Evidemment, la nostalgie s’empare de vous tôt ou tard. Les snaps vous rappellent que la terre continue de tourner, que vos amis prévoient toujours leurs days offs, leurs back to back et autres sorties. Le rooftop du Chillers le mercredi soir est toujours aussi bondé et les intercleanings à la Bakery ont toujours lieu, malheureusement pour les bakers restants. Vous regardez les photos, en maillot de bain avec un sourire de 3 km de long en essayant de vous projeter à nouveau à ce moment précis. Mais il s’est enfui à jamais, seul subsiste ce cliché. La valise est bel et bien rangée, vidée des souvenirs accumulés au fil du temps.

La reconstruction se fait d’elle-même. On sort, pour se prouver que la vie ici est cool, que ce n’est pas si mal, La France. On se leurre. Du moins, je me suis leurrée. Et puis j’ai accepté le fait que j’avais changé, ma perception des choses avait changé. Que je ne devais rien prouver, à personne. Alors, j’ai pris mon temps pour m’en remettre. En même temps que je perdais mon bronzage, je perdais mon aventure de vue, la relayant dans un coin lointain de ma tête.

Il faut avancer Cassandra, move forward.

Cela fait 1 mois maintenant que je suis rentrée. Et je vais bien. Je regarde avec bonheur les snaps de celles et ceux continuant leur programme, vivant à travers eux leurs voyages. Je ne regrette absolument rien et suis reconnaissante pour tout ce qui m’est arrivé. Désormais, j’ai de nouveaux projets, de nouvelles ambitions, l’idée ne me quittant jamais, de repartir.

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4 Commentaires

  1. 8 mars 2017 / 9 h 23 min

    Tous ces sentiments que tu transmets, beaucoup d’expats les ont ressentis. Retourner changé dans notre pays d’origine où rien ne change et où les habitudes sont les mêmes, c’est pas toujours facile. On ne pense jamais qu’il va falloir se réadapter à notre vie d’avant, et pourtant c’est le cas !
    Quant au fait que tu n’arrives pas à raconter ton aventure à tes proches, je pense que c’est parce qu’il y a trop à raconter. C’est normal qu’ils veulent tout savoir, mais c’est normal aussi que ça ne sorte pas de ta bouche ahah :). Ils en apprendront plus au fil du temps, quand tu sortiras des anecdotes vécues pendant ton séjour !
    Je te souhaite une très bonne réadaptation à ta vie française (moi j’ai jamais vraiment pu me réadapter ahah). Et merci pour ce bel article :). Bisous !

    • Cassandrapolito
      8 mars 2017 / 18 h 34 min

      Merci Léonor pour ton commentaire, je vois qu’on ressent à peu près la même chose… Bisous ♡

  2. 9 mars 2017 / 19 h 40 min

    Je me reconnais tellement dans tes mots… à mon retour de vadrouille d’1 an 1/2 en Australie et Asie, cela a été un bonheur, mais WOW, aussi une grosse claque. Impossible de raconter aux autres ce que l’on a vécu. Ils ne comprennent pas, s’ils n’ont jamais connu.
    Le voyage, c’est l’école de la vie! La plus belle expérience que l’on peut s’offrir.
    Des bisous
    Plume d’Auré
    http://www.plumedaure.com

  3. 10 mars 2017 / 19 h 40 min

    Whaou quelle expérience cela doit être!

    N’hésites pas à découvrir mon petit univers si tu le souhaites <3

    Bises,

    Emily de Pretty Tiny Things

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